LES TEXTES
" La plupart des textes de mes chansons sont des poèmes
qui n'ont pas été écrit pour être mis en musique.
C'est Richard-Paul Morellini le premier qui m'a incité à chanter lors d'une répétition de "MO'S Musique Emotion".
J'avais fait une imitation de Nougaro dans "Cécile" et RPM m'a dit : "celle-là, on va la faire et tu vas la chanter".
Avec Michel Vauthier je chantais "Cécile" "Georgia" et "Syracuse" timidement, pour apporter une note de surprise dans le concert. Sacha, qui est de bon conseil, a insisté pour que je chante davantage... Alors nous avons mis mes textes en musique."
A.D.
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Le blues de la Duchesse
Paroles : Alain Delhotal
Musique : Jean-Michel Vaicle
" J'ai écrit cette histoire dans le train de Paris.
J'avais bu une bière dans une brasserie du quartier de la gare de l'est et, remontant du sous-sol, j'ai imaginé ce qu'était la vie de la dame pipi. Un peu plus tard, j'ai fait la connaissance de Jean-Michel Vaicle chez qui j'ai enregistré pour le CD de Barzingault "Les Quatre Saisons de Vivandi". Je lui ai demandé de composer un blues dans le style du "blues du dentiste" de Boris Vian."
A.D.
Assise au bas des escaliers
Sur une vieille chaise rouillée
Dans cette brasserie parisienne
A deux pas de l'avenue du Maine
J'vois passer des beaux Messieurs
Qui s'prennent très au sérieux
Et des Dames en manteau d'fourrure
Des gens qui vivent dans la dorure
Y font semblant de pas m' voir
Mais y m'lorgnent dans l'miroir
Y s'léchent un doigt, y s'recolent une mèche de cheveu
Puis un peu plus tard, y ressortent un peu honteux
Y font semblant d'fouiller leurs poches
Mon Dieu, j'l'es r'garde, qu'est ce qu'y sont moches
Y font semblant d'chercher du fric
Y z'en ont pas, c'est la panique
Y s'lavent les mains une fois sur trois
Ou y s'mouillent pas les doigts
Vérifient trois fois leur braguette
Et sortent en baissant la tête
Ca fait vingt ans que je suis là
Depuis cette nuit de java
Ou j'ai perdu en un seul soir
Tout l'pognon qui faisait ma gloire
J'avais vingt ans, j'étais duchesse
On se battait pour voir mes fesses (bis)
Maint'nant mon cul je m'assois d'sus
Et d'la Duchesse il n'y en a plus
Paris Ripaille
Paroles : Alain Delhotal
Musique : Alain Delhotal & Sacha Skriabin
" Encore un texte écrit dans le train de Paris (merci la SNCF).
Il s'appelait à l'origine " le Ventre de Paris "
Avec Sacha nous en avons fait une valse." A.D.
Tous ces gens qui violent le ventre de la ville
S'engouffrent le matin au fond de ses entrailles
Et dégouffrent le soir pour aller faire ripaille
Vomis par le métro comme un excès de bile
Ils nourrissent la ville qui les digère mal
Dans ses boyaux puants, ses viscères urbaines
Où grouille la marée qui fut jadis humaine
Et qui n'a même plus l'instinct de l'animal
Flot d'hommes inhumains et de femmes pressées
Sans sourire, sans regard, sans couleur, sans vie
Robots du lendemain qui n'ont plus de passé
Sang humain s'écoulant du ventre de Paris
Le coeur en vrac
Paroles : Alain Delhotal
Musique : Sacha Skriabin
"Sur une musique romantique de Sacha Skriabin,
une histoire dédiée à tous ceux qui ont été secrètement amoureux d'une fille aperçue sur les bancs du lycée ou de la fac...
Une fille inaccessible, jusqu'au jour où..."
A.D.
C'était en juin l'année du bac
T'avais perdu ton cœur en fac
Sous les bancs d'un amphithéâtre
Je l'ai ramassé, j'avais l'trac
Comme pour une première au théâtre
C'était en juin l'année du bac
J'ai ramassé ton cœur en vrac
En mille morceaux, tombé par terre
Je t'ai rendu ton cœur en frac
Sur une scène de lumière
Depuis, ton cœur est dans ma tête
Ton malheur a fait mon bonheur
J'ai recollé ton cœur en miette
Amour brisé porte bonheur
Et j'en ai fait une amulette
Que je porte en accroche cœur
C'était en juin l'année du bac
T'avais perdu ton cœur en fac
Sous les bancs d'un amphithéâtre
Je l'ai ramassé, j'avais le trac
Comme pour une première au théâtre
C'était en juin l'année du bac
Enfance volée
Paroles : Alain Delhotal
Musique : Sacha Skriabin
"L'histoire de cette chanson est de celles qui font douter du hasard. Au moment de la guerre d'Irak, frappé par une photo d'agence montrant un enfant en djellabah dans les décombres,
j'avais écrit ce texte que j'avais intitulé Iraq.
Deux ans plus tard, lorsque je le fis lire à Sacha,
il eut un sourire et, sans rien dire, me joua un air au piano.
Cette mélodie collait parfaitement à mon texte sur le plan musical, mais elle était surtout dans l'esprit du poème.
Je savais que Sacha avait en réserve autant de musiques que j'avais moi-même de poèmes, articles et nouvelles,
mais ce qu'il me dit alors me stupéfia !
Il me révéla qu'il avait composé cette musique deux ans plus tôt, lors de la guerre d'Irak qui l'avait ému et choqué.
Comprenne qui pourra ... "
A.D.
Le canon tonne
Un enfant pleure
Un mur s'écroule
pierres et cendres
Comment comprendre ?
Les larmes coulent
Part le bonheur
Tout devient morne
Comment comprendre ?
Tache de sang dans les décombres
Heure de deuil au pied d'un mur
Une main Hors d'une tombe
Pas un murmure
Dans la poussière
Cherchant son maître
Les pattes en sang
La chienne creuse
L'œil mouillant
Si malheureuse
La pauvre bête
Comment comprendre ?
Des uniformes
Un Président
Mauvais discours
Et mots futiles
Morts inutiles
Tué, l'Amour
Tranquillement
Finie la fête
C'était hier
Un livre ouvert jeté au feu
C'est une vie Qui se consume
Il a compris Premier Adieu
Enfance posthume
L'enfant se terre
L'enfant se terre
Le canon tonne
L'enfant se terre
Dentelles tango
Paroles et musique : Alain Delhotal
" Lors d'un Printemps des poètes auquel j'avais participé
j'avais beaucoup aimé un poème de Philippe Mitre évoquant la conversation
de deux brosses à dents dans un gobelet...
Jusque là j'avais toujours écrit sous le coup d'une émotion, d'une joie ou d'un colère mais jamais sur le ton humoristique et c'est. Michèle Claudon de Rey de Malpassey qui m'y a poussé
Le thème m'est venu en passant devant le magasin de lingerie de la rue de la Visitation à Nancy, tout près du Vertigo.
Toutes ces culottes et ces soutien-gorges magnifiques, ces dentelles chatoyantes, pastel, toutes ces soieries fines...
désespérément vides et seules... attendant celle qui en fera les accessoires du plaisir ou de la séduction...
Que peuvent elles bien penser de nous, pauvres humains réduits à dépendre de quelques centimètres carrés de tissu de luxe ?
A.D.
Trois petites culottes
Séchaient au soleil
Celle de Charlotte
Celle de Mireille
Un jour de lessive
Pendues à un fil
Dentelles captives
Au début d'avril
La plus sage en broderie anglaise
détestait l'humidité
Heureuse de se sécher
Tant elle se sentait mal à l'aise
La seconde en avait vu d'autres
Elle avait roulé sa bosse
Sur des banquettes de carrosses
Ou des genoux de bons apôtres
La troisième était étrangère
Elle venait du lointain Brésil
C'était la culotte à Cécile
Qui abusait de l'adultère
Avec son accent hispanique
Dans de la soie rouge et perverse
La brésilienne d'une caresse
Savait provoquer la panique
Serai je sèche pour la messe ?
Se lamentait la prude blanche
Qui ne sortait que le dimanche
Pour habiller de chastes fesses
L'une vantait les artistes
Le charme du slip rapiécé
La bigote rêvant en secret
Aux dessous d'un séminariste
A ses côtés l'aventurière
Pensait au joli caleçon
Aperçu dans le pantalon
D'un sémillant clerc de notaire
Si toutes les culottes du monde
Décidaient de tout raconter
Hommes et femmes pourraient trembler
A mille braguettes à la ronde
Je suis venue de loin
Paroles et musique : Alain Delhotal
" Cette histoire est celle de tous ces malheureux
qui quittent leur pays et viennent chez nous,
non pas pour nous spolier comme certains voudraient nous le faire croire, mais tout simplement
pour manger, pour vivre.
Beaucoup d'entre eux ne trouvent ici qu'une misère nouvelle,
inconnue,
froide, indifférente, étrangère...
Ils troquent la misère économique contre la misère du coeur.
Rares sont ceux qui trouvent le bonheur.
Elle est venue de loin.
Dans sa valise elle n'avait que des refrains,
des notes et une trés jolie voix.
Elle s'appelle Mirasoa.
J'ai écrit cette chanson pour elle
et j'en ai fait un gospel
car il n'y a pas de musique plus belle
pour traduire le désespoir
et pour chanter l'espoir. "
Je suis venue de loin
De loin
Je suis venue de loin
De très loin
Chez moi on avait faim
Très faim
Oh, si faim
Chez moi on avait faim
Bien trop faim
Il n'y avait pas de pain
Pas de pain
Là-bas pas de destin
De destin
Alors je suis partie loin
Très loin
Très très loin
Loin du soleil et loin des miens
Loin des miens
Ici j'ai trouvé le pain
Le pain
J'ai des amis, j'ai des copains
Des copains
Ici je ne crains pas demain
Oh, enfin
J'ai suivi mon chemin
Et je suis partie loin
J'ai rencontré des musiciens
musiciens
La musique m'a pris la main
pris la main
Je chante du soir au matin
Au matin
Au matin je ne pense plus à rien
Car la musique est mon destin
Misaotra anao ry Jeso fitiavako
Ny mozika ny lalako
Claudette samba
Paroles et musique : Alain Delhotal
" Cette samba est pour la seule femme capable de me supporter et qui le fait stoïquement depuis trente ans.
Merci Claudette ! "
A.D.
Je voulais écrire une samba
Faire une musique de là-bas
Celle qu'on danse dans les favelas
Je voulais écrire une samba
Je cherchais les notes au fond de moi
Mais l'inspiration ne venait pas
Je voulais écrire une samba
Mais l'ambiance n'y était pas
Loin de Rio, de Brasilia
Ici le ciel était plutôt gris
De gros nuages attristaient Nancy
L'eau de la mer, c'était la pluie
Alors brusquement je compris
Que je ne pourrais trouver ici
La chaleur et le paradis
Je voulais écrire une samba
Mais ici il faisait bien trop froid
Et le soleil n'était pas là
Je me suis souvenu de tes yeux
Et j'y ai retrouvé le ciel bleu
Par un miracle fabuleux
Et j'y ai retrouvé le ciel bleu
Nimbé du soleil merveilleux
Qui éclaire une vie à deux
Je voulais écrire une samba
Faire une musique de là-bas
Celle qu'on danse dans les favelas
Queria escrever um samba
A música de Brasília
Que dança-se nas favelas